Un exemple de la confusion entretenue au Kivu

18/08/2013
18/08/2013

Ci-dessous un document : il s’agit d’un article de Radio Okapi, l’agence d’information de l’ONU spécialisée sur la crise des Grands Lacs. A relever la légende de la photo qui illustre cet article, qui incrimine le M23 alors que l’article rend compte des déplacements de population qui sont le résultat d’affrontements entre FDLR et Maï Maï. Dans la légende de la photo, le M23 est simplement substitué aux FDLR. De même, le titre de l’article parle de "rebelles rwandais" laissant planer l’ambiguïté, le M23 étant généralement qualifié de "rebelles", et associés au Rwanda. Le glissement sémantique est subtil, mais caractéristique du traitement de l’information dans cette affaire du Kivu.

Nord-Kivu : des déplacés fuient les combats entre miliciens Maï-Maï et rebelles rwandais

Légende de la photo illustrant cet article ;

Des déplacés fuient les affrontements entre FARDC et les rebelles du M23 à Rutshuru et se dirigent vers Goma

Des déplacés arrivent depuis trois jours à Bulewusa, Miriki et Kanyabayonga, dans le Nord-Kivu, ont indiqué vendredi 16 août des sources administratives de ces localités. Ils fuient les attaques menées par des miliciens Maï-Maï Nduma defense of Congo (NDC) de Cheka contre les positions des rebelles rwandais des FDLR à proximité de leurs villages, dans le territoire de Walikale, à plus de 150 Km au nord de Goma. De son côté, la société civile locale juge préoccupante la situation humanitaire sur place.

Ces populations proviennent de plusieurs villages des groupements Kishimba et Ikobo, dans le territoire de Walikale. N’ayant pas encore été recensés, leur nombre exact n’est pas connu.

Ils vivent dans des familles d’accueil, dans des conditions précaires, et manquent notamment de nourriture, selon la société civile.

Par ailleurs, certains sont contraints de passer la nuit à la belle étoile suite à la promiscuité dans les habitations, essentiellement des cases.

La société civile du territoire de Lubero plaide pour que les organisations humanitaires volent urgemment au secours de ces populations déplacées, en attendant la réaction du gouvernement congolais.

Le territoire de Walikale regorge d’importants sites miniers investis pas différents groupes armés qui s’en disputent le contrôle.

Début août, des combats ont opposés l’armée à la milice Maï-Maï NDC de Cheka près des sites miniers d’Angoa et de Kabombo, forçant la population de ces localités, essentiellement des creuseurs artisanaux, à fuir pour échapper à ces violences.

Ces miliciens Maï-Maï, basés à Pinga, toujours dans le Nord-Kivu, sont très actifs dans le territoire de Walikale d’où ils sont originaires.

Source : [Radio Okapi]

Mis en ligne par L’Agence d’information
 18/08/2013
 http://lagencedinformation.com/038-un-exemple-de-la-confusion.html
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Cette haute personnalité de l’opposition politico-militaire au gouvernement de la République démocratique du Congo confirme l’engagement de son mouvement dans la recherche d’une voie pacifique pour un arrêt définitif des combats. Mais il dénonce en même temps la volonté de reprendre la guerre de la part de Kinshasa et de la MONUSCO.

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Mis en ligne par L’Agence d’information

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