23/07/2013

Le 21 et le 22 juillet 2013 deux attaques importantes ont été lancées contre le M23 par les Forces armées rdcongolaises sans que les positions bougent, ceci en dépit d’importants bombardements, et du recours aux hélicoptères ainsi qu’à l’infanterie. La guerre de l’information fait toujours rage autour de cette bataille dont la prolongation et l’intensification interdisent tout pronostic.

Two important attacks against the M23 have been launched on july 21 and 22, lead by the FARDC, and failed to move the frontline, despite heavy shelling and the help of helicopters and infantery. The war of information is still raging about this battle as its extension and intensification prohibit prognosis.

Le 21 juillet 2013, les combats ont repris vers midi, l’armée congolaise commençant les bombardements de Mutaho, la position du M23 qui surplombe la ville et l’aéroport de Goma (à une douzaine de kilomètres). Quelques heures plus tard l’infanterie partait à l’attaque, et était repoussée. Les combats se sont ainsi terminés au soir sans que les positions respectives aient bougé, ainsi que cela s’est vu tout au long de cette bataille depuis le 14 juillet.

Le 22 au matin, quatre bataillons, composés des FDLR et des FARDC, ont essayé d’attaquer les positions du M23 en passant par Kibunba et le parc de Virunga, c’est-à-dire en contournant la ligne de front.

Une deuxième attaque des FARDC et FDLR, commandée par le fameux colonel Mamadou Ndala, visait les positions du M23 à partir de Rusayo. Les victimes dans les rangs des assaillants se sont comptées par dizaines (on dit jusqu’à une centaine).

Voilà une semaine que ces attaques conjuguent à la fois les FARDC, les Maï-Maï et les forces génocidaires rwandaises , avec l’appui de la brigade offensive de l’Onu et de sa composante tanzanienne, envoyée en première ligne, ainsi que les sud-africains, essentiels pour leur aviation et surtout leurs gros hélicoptères d’attaque.

Depuis une semaine, le scénario s’est répété : d’importants bombardements suivis d’offensives d’infanterie se soldent systématiquement par des déroutes de celle-ci et par des compte-rendus fantaisistes, produits aussi bien par les FARDC que la Monusco, qui détaillent leur supposée victoire. Ainsi, tous les jours, il aura fallu vérifier et revérifier l’information, pour constater, à chaque fois, que ces informations répercutées par la presse mondiale, n’avaient simplement aucun fondement.

Il semble bien néanmoins que les assaillants sont loin d’abandonner leur objectif. Même après leur déroute humiliante de cette semaine – où près d’une centaine de soldats des FARDC auront dû se réfugier… – au Rwanda, on n’aura entendu que les communiqués triomphalistes de Kinshasa.

Relevons que le Figaro du 22 juillet publie un long article de sa correspondante sur place, dans lequel est rapportée la "victoire" sur le M23, dont les positions de Mutaho et Kanyaruchina seraient prises depuis plusieurs jours, et celle plus au nord, de Kibati attaquée. Si cette dernière attaque au bas de la colline de Kibati est effectivement confirmée, selon nos informations, les positions de Mutaho et Kanyaruchina n’auraient pas bougé. Rappelons qu’il y a deux jours, à Kanyaruchina, la débandade des assaillants a carrément provoqué la fuite d’une centaine d’entre eux au-delà de la frontière rwandaise.

Dans la même période, on aura vu le secrétaire général des Nations unies, M. Ban Ki Moon, qui exprimait le 18 juillet dernier sa « vive préoccupation » face aux allégations de mauvais traitements de détenus et de profanation de cadavres de combattants du M23 par les forces armées congolaises, suite à quoi, la Monusco a lancé un « processus de réexamen » de sa collaboration avec des unités des FARDC soupçonnées d’être impliquées dans ces incidents.

Un courrier du Président du M23, adressé au secrétaire général des Nations unies, en date du 19 juillet 2013, met en évidence ces exactions de l’armée congolaise et la présence de divers bataillons des FDLR qui lui sont associés, et recommande à l’Onu de reconsidérer son soutien à « cette armée barbare ».

Une dépêche de l’AFP, datée du 22 juillet, à 19 heures, rapporte une déclaration du lieutenant-colonel Kazarama, porte-parole militaire du M23, selon laquelle : "nous avons tué trente cinq militaires et FDLR et capturé vingt militaires et FDLR." Il a également affirmé que la position du M23 la plus proche de Goma se situe "à 4 kilomètres de la ville".

[Source : l’Agence d’Information]

Mis en ligne par L’Agence d’information
 23/07/2013
 http://lagencedinformation.com/029-nouvelles-attaques-des-fardc.html
Sauf mention contraire, droits de reproduction et diffusion autorisés selon la licence Creative Commons Attribution BY-SA 4.0

La Nuit rwandaise 11 - Volume 1 | La Nuit rwandaise 11 - Volume 2

LE TARTUFFE OU L’IMPOSTEUR / ARCHIVES & TÉMOIGNAGES / LES FAITS SONT TÊTUS / DOCUMENTS / NEGATIONNISME ET EGLISE / RWANDA, DEMAIN / LA NUIT BURUNDAISE / LA NUIT CONGOLAISE / DOCUMENTS / DOSSIER DGR / RWANDA, ILS ECRIVENT / REMERCIEMENTS


 En savoir plus

Voir aussi

Les leçons de Nairobi

 Les conclusions du dialogue de Kampala avec les protocoles d’accord signés par les parties comportent davantage d’engagements pour Kinshasa que pour le M23. (...)

Les conclusions du dialogue de Kampala avec les protocoles d’accord signés par les parties comportent davantage d’engagements pour Kinshasa que pour le M23. Et démontrent, à postériori, que la défaite de ce dernier était virtuelle. Le président Kabila en tiendra-t-il compte, maintenant que le président Museveni, artisan de la solution pacifique, sort de la scène ?

The conclusions of the dialogue of Kampala with draft agreements signed by the parties contain more commitments for Kinshasa than for M23. And demonstrate, a posteriori, that the defeat of the latter was virtual. Will president Kabila take it into account, now that president Museveni, craftsman of the peaceful solution, goes out of the stage ?

Mis en ligne par L’Agence d’information

 16/12/2013

RDCongo : Le régime sous pression

 Le pouvoir a été obligé de faire les premières concessions face à la contestation populaire et aux inquiétudes des chancelleries hantées par le spectre d’un (...)

Le pouvoir a été obligé de faire les premières concessions face à la contestation populaire et aux inquiétudes des chancelleries hantées par le spectre d’un embrasement incontrôlable. Mais le retrait de la disposition litigieuse de la nouvelle loi électorale qui aurait permis à Joseph Kabila de prolonger sa mandature au-delà de 2016 doit être entérinée par la signature du magistrat suprême et ne semble pas en tout cas épuiser les revendications du mouvement de masse

The regime had to do the first concessions considering the popular contestation and the fear of the diplomats haunted by the fact that the country would slide into chaos. But the deletion of contested law that would have permitted to Joseph Kabila to prolong his mandate beyond 2016 must be endorsed by the signature of the supreme magistrate and doesn’t seem to exhaust the demands of this mass mouvement.

Mis en ligne par L’Agence d’information

 25/01/2015

L’ONU déclare la guerre

 L’ONU a donné un ultimatum au M23 de déposer les armes sous 48 heures, soit avant jeudi 16 heures, après quoi la brigade offensive constituée de Tanzaniens et (...)

L’ONU a donné un ultimatum au M23 de déposer les armes sous 48 heures, soit avant jeudi 16 heures, après quoi la brigade offensive constituée de Tanzaniens et de Sud-africains pourraient intervenir aux côtés des FARDC associées aux FDLR et Maï-Maï.

The UN has given an ultimatum to the M23 to disarm within 48 hours, before Thursday at 4pm, after which the "offensive brigade" with Tanzanians and South Africans could intervene alongside the FARDC and FDLR associated with Mai-Mai.

Mis en ligne par L’Agence d’information

 31/07/2013