5/03/2020

A Paris, le 30 octobre dernier, Ezéchiel Nibigira, Ministre des affaires étrangères du Burundi avait « un entretien franc et sincère » avec Franck Paris, conseiller Afrique du Président Macron, et Emmanuel Bonne, le directeur de cabinet du Ministre des affaires étrangères français, Jean-Yves Le Drian.

A la suite de cette rencontre, et en toute discrétion, la France aura décidé la reprise des relations bilatérales avec le Burundi.

Après plusieurs mois de silence, c’est le 12 juillet dernier [1] que l’ambassadeur de France à Bujumbura, Laurent Delahousse, finira par faire une déclaration publique pour justifier cette reprise des relations françaises avec le régime Nkurunziza, reprenant dans son allocution les mots du président Macron, qui aura oser évoquer une « dynamique positive » [2] au Burundi.

Est ainsi annoncée « la reprise progressive d’une coopération dans le domaine de la défense ». «  Il s’agit notamment de la formation d’officiers burundais en France », nous apprend RFI.

« Un soutien explicite à la dictature », « un boulevard à l’impunité » et « un bonus aux criminels » selon de nombreux Burundais, pour reprendre les mots de Gérard Birantamije. « Comment la France peut-elle appuyer un tel régime ? », s’indignera pour sa part Pancrace Cimpaye : « cette dictature ne doit pas être encouragée, gratifiée par une coopération, a fortiori militaire ! ».

Dans le même temps, l’Union européenne venait renouveler ses sanctions à l’encontre de régime de Pierre Nkurunziza. Pour rappel, l’établissement de ses sanctions fait suite aux graves préoccupations exprimées par le Conseil de sécurité en 2015 (résolution 2248), préoccupations renouvelées par le Conseil de l’Europe, en mars 2016 [3], dans le cadre de l’article 96 de l’accord de partenariat UE-ACP, dit « accord de Cotonou [4] ».

Notons que quelques mois avant cette discrète reprise des relations bilatérales avec le Burundi, lors d’un point presse, [5] le 30 avril 2018, la diplomatie française déplorait « les restrictions imposées aux libertés fondamentales au Burundi », « les menaces et intimidations répétées à l’encontre de toute voix discordante, de l’opposition politique, des défenseurs des droits de l’Homme et des médias indépendants », appelant « les autorités burundaises à respecter les libertés fondamentales et les droits de l’Homme ».

Depuis 2015, en effet, le Conseil de sécurité [6] exprime sa vive préoccupation devant la situation au Burundi, « condamnant fermement la multiplication des violations des droits de l’homme et des atteintes à ces droits, y compris les exécutions extrajudiciaires, les actes de torture et autres traitements cruels, inhumains ou dégradants, les arrestations arbitraires, les détentions illégales, les actes de harcèlement et d’intimidation commis contre des défenseurs des droits de l’homme et des journalistes, et toutes les violations des droits de l’homme et atteintes à ces droits perpétrées au Burundi tant par les forces de sécurité que par les milices et d’autres groupes armés illégaux ».

Dans cette résolution 2248, adoptée à l’unanimité et saluée par la France [7], le Conseil de sécurité se déclarait notamment « profondément préoccupé par l’impunité qui règne, les assassinats quotidiens, les restrictions à l’exercice de la liberté d’expression, y compris pour les journalistes, et la dégradation continue de la situation humanitaire ».

Une « dynamique positive » au Burundi, selon Macron

Depuis 2015, les responsables onusiens rappellent que « le désarmement urgent des milices doit être une priorité [8] ». Ces milices Imbonerakure - ligue de jeunesse du parti présidentiel - terrorisent encore, exerçant une surveillance active et un harcèlement continu de la population, en coordination avec les autorités locales. « Ils sont directement impliqués dans la majorité des violations documentées par la Commission, y compris les violences sexuelles », ont noté les enquêteurs indépendants de l’ONU dans leur rapport à la Commission des Droits de l’Homme, en mars 2019. Armés, bénéficiant d’une totale impunité, les miliciens Imbonerakure rackettent, intimident ou tabassent quotidiennement, suppléant dans la mise au pas des citoyens burundais les forces de sécurité, elles mêmes impliquées, selon le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’Homme, dans les «  enlèvements  », « les assassinats » et autres « actes de torture » [9].

La « dynamique positive » évoquée par le Président français aura amené son homologue burundais à nommer Éric Nshimirimana, président de cette milice Imbonerakure tant redoutée, à la tête de la Radio télévision nationale du Burundi (RTNB) [10].

« La Ligue de jeunesse du parti au pouvoir est accusée d’être au cœur du système répressif burundais à côté de l’armée, de la police et du Service national de renseignement (SNR). Les dizaines de milliers de jeunes Imbonerakure quadrillent toutes les collines – la plus petite entité administrative du pays -, et jouent un rôle clé dans la répression des opposants, qu’ils arrêtent, tabassent ou assassinent, selon les organisations de défense des droits de l’homme. »
Jeune Afrique, 13 juillet 2019

C’est donc avec ces forces de sécurité que la France a décidé de collaborer à nouveau depuis octobre 2018. Elles vont pouvoir, très officiellement, recevoir de Paris une formation à « la doctrine française », la guerre révolutionnaire [voir le dossier Guerre Moderne de La Nuit rwandaise dans le numéro 11 de La Nuit rwandaise], cette guerre contre les populations et « l’ennemi intérieur ».

Depuis l’annonce de cette reprise des relations entre Paris et Bujumbura, de nombreuses ONG, tout comme l’opposition burundaise, accusent Paris de faire le jeu de ce régime criminel qui fait l’objet d’une enquête de la Cour Pénale Internationale [CPI] pour des crimes contre l’humanité présumés [voir l’interview de Bernard Maingain et Alain Detheux, dans le numéro 11 de La Nuit rwandaise]. Le Quai d’Orsay [11] dément et tente maladroitement, dix mois après sa décision, de justifier la position française, annonçant vouloir « maintenir le fil du dialogue ». L’ambassadeur de France au Burundi ne pouvait cependant que reconnaître qu’il n’avait, depuis lors, pas encore eu « accès aux plus hautes autorités burundaises »...

Comme le rappelle Innocent Muhozi [interview dans le numéro 11 de La Nuit rwandaise], le pouvoir burundais s’évertue à créer « les conditions qui rendront possible un génocide au Burundi » en essayant « d’ethniciser méthodiquement la société burundaise ».

En plus de la nomination à la tête de la RTBN du chef des Imbonerakure, c’est par la voix d’Isidore Ntirampeba, secrétaire permanent au ministère des Affaires étrangères burundaise, que le pouvoir a fait savoir que le processus électoral serait totalement verrouillé. Ce dernier a en effet réaffirmé l’engagement du gouvernement d’organiser les élections présidentielles de 2020 « sans compter sur les soutiens conditionnés des étrangers ». Une preuve, selon-lui, que les Burundais peuvent «  souverainement  » réaliser leur destin... Des élections supervisées par une Commission électorale supposée indépendante, directement mise en place par Pierre Nkurunziza lui-même sans la moindre consultation des différents acteurs et partis politiques.

Reprise de la collaboration militaire française

Une reprise de la collaboration militaire française avec le Burundi, alors que près de 500.000 Burundais ont fuit dans les camps de réfugiés des pays voisins, que plus de 10.000 d’entre eux s’entassent dans les cachots du pouvoir, que les citoyens continuent à être torturés, tués ou enlevés par les milices et les forces de sécurité. Alors que la liberté d’expression et les médias sont verrouillés.

Brune Mercier [12] rappelle qu’il y a beaucoup de moyens pour « soutenir la population burundaise qui se trouve encore dans une situation dramatique, une terrible crise des droits humains, plutôt que de partir vers une coopération militaire  ». « C’est le signal d’un appui à un État, qui malheureusement ne travaille pas pour le bénéfice de sa population  », ajoute elle.

« Si le pire arrive, nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas [13] », prévenait déjà en 2015 M. Dieng, conseiller spécial du Secrétaire général de l’ONU pour la prévention du génocide.

« On se savait pas... »

On se souvient, vingt-cinq ans après le génocide des Tutsi au Rwanda voisin, de Jean Carbonare, le 24 janvier 1993, sur le plateau du journal de 20 heures de France 2, exhortant la France d’arrêter sa coopération militaire avec le régime Habyarimana, son armée et ses milices Interahamwe.

« Je voudrais ajouter que notre pays, qui supporte militairement et financièrement ce système a une responsabilité. (…) J’insiste beaucoup, nous sommes responsables. Vous aussi, Monsieur Masure, vous pouvez faire quelque chose. Vous devez faire quelque chose pour que cette situation change, parce qu’on peut la changer si on veut. (…) On peut faire quelque chose, il faut qu’on fasse quelque chose.  »

Jean Carbonare alertait l’opinion sur les nombreuses fosses communes, « pratiquement dans tous les villages », sur le sort des femmes Tutsi, « abandonnées, violées, maltraitées », et, déjà, sur les responsabilités françaises. Il rentrait alors d’une mission d’enquête organisée par la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme [FIDH] qui révélait l’ampleur des massacres à caractères génocidaires perpétrés au Rwanda de 1991 à 1993 par les miliciens et les Forces armées rwandaises [FAR], alors que l’armée française était pleinement engagée sur place et, comme le rappelle Pierre Brana, co-rapporteur de la Mission d’information parlementaire [14], avait même « pris indirectement le commandement des FAR » [15].

Malgré cet l’appel désespéré de Jean Carbonare, malgré le rapport de la FIDH et malgré les nombreuses mises en garde des « services » hexagonaux, dont ceux, on ne peut plus clairs, de la DGSE, la France a continué à soutenir les extrémistes rwandais.

Un an avant le début du génocide, plus de 5 millions de téléspectateurs du journal de France 2 savaient que les forces armées rwandaises soutenues, voire dirigées par la France, comme on l’a vu, commettaient des massacres à caractères génocidaires contre les Tutsi au Rwanda. Entre 1990 et 1994, « le génocide constituait une hantise quotidienne pour les Tutsi » [16] comme pour les associations humanitaires.

Mais les politiques en poste à l’époque, tant à Matignon qu’à l’Élysée, tout comme les militaires français qui, sur place, formaient et entraînaient les futurs génocidaires, continuent aujourd’hui à prétendre qu’ils ne savaient pas, qu’ils n’avaient pas pris la mesure de la situation [17].

« Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas [18] »

Ceux qui veulent coopérer avec Nkurunziza, « il faut qu’ils ne puissent pas dire qu’ils ne savaient pas », insiste Innocent Muhozi dans l’interview qu’il nous a accordé.

« Nous savons ce qui se passe, aujourd’hui, au Burundi. »

Nous savons, en effet. Tout comme l’ONU et sa Commission des Droits de l’Homme, le Conseil de sécurité ou le Conseil de l’Europe.

Tout comme l’État français.

Aujourd’hui, tous savent. Une enquête de la Cour Pénale Internationale pour des crimes contre l’humanité présumés au Burundi est en cours. Nous y revenons dans un long entretien que nous ont accordé Bernard Maingain et Alain Detheux dans le numéro 11 de La Nuit rwandaise. Ces crimes sont attribués au pouvoir et aux services de sécurité burundais, ainsi qu’aux milices Imbonerakure, la ligue de jeunesse du parti présidentiel.

Nkurunziza, « entouré de gens complètement incapables » uniquement « occupés à piller le pays » de ses nombreuses ressources, ne semble pouvoir compter, pour garder le pouvoir, que sur « l’ethnicisation méthodique la société ». Il voudrait pouvoir se prétendre « le défenseur de la majorité ethnique » :

« C’est le seul argument qu’il peut avoir pour essayer de rassembler les gens autour de lui » indique encore Innocent Muhozi. Ainsi, le pouvoir fait « un effort désespéré pour re-ethniciser la société ».

Alors que la situation économique burundaise est très dégradée, le Burundi se prépare donc au prochain scrutin présidentiel [19] de 2020 sur fond de « propagande ethnique » tandis que le pouvoir réprime par tous les moyens disponibles son opposition et sa population.

Ni Franck Paris, ni Jean-Yves Le Drian, ni Florence Parly, ni Emmanuel Macron ne pourront dire qu’ils ne savaient pas.

_

La Nuit rwandaise
www.lanuitrwandaise.org

La Nuit rwandaise n°11

Cet article fait parti du numéro 11 de la revue La Nuit rwandaise qui publie plusieurs articles sur le Burundi dans son dossier "La Nuit burundaise" :

LNR, Burundi : « ils savent »

LNR, Entretien avec Bernard Maingain et Alain Detheux

LNR, Innocent Muhozi : « ils créent les conditions qui rendront possible un génocide au Burundi »

Dr Alphonse Rugambarara, Accord d’Arusha, ce qu’il aurait fallu savoir

Dr Alphonse Rugambarara, Les quarante jeunes martyrs de Buta


[4L’accord de Cotonou est le cadre général dans lequel s’inscrivent les relations entre l’UE, d’une part, et les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP), d’autre part. Il a été adopté en 2000 pour remplacer la convention de Lomé de 1975. L’UE et les pays ACP reconnaissent que les droits de l’homme, les principes démocratiques et l’État de droit sont des composantes essentielles et des piliers fondamentaux du développement. Ils ont ainsi établi une procédure pouvant être utilisée lorsque l’une des parties ne respecte pas ces principes. Les règles régissant cette procédure sont fixées à l’article 96 de l’accord.

[6Résolution 2248, adoptée lors de sa 7557e séance, le 12 novembre 2015.

[9M. Zeid Ra’ad Al Hussein, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, 7553e séance du Conseil de sécurité de L’ONU, http://www.un.org/press/fr/2015/cs12112.doc.htm

[11Le Quai d’Orsay justifie la reprise de son aide bilatérale au Burundi, RFI, 27/07/2019, http://www.rfi.fr/afrique/20190726-le-quai-orsay-justifie-reprise-son-aide-bilaterale-burundi

[12Brune Mercier est la directrice du European Network for Central Africa (EurAc). https://www.eurac-network.org

[13M. Dieng est le conseiller spécial du Secrétaire général de l’ONU pour la prévention du génocide. Alors que l’ONU revenait en 2015 sur « les déclarations incendiaires de certaines autorités, dont le Président du Sénat et le Président Nkurunziza », M. Dieng soulignait que « ces mots rappellent tristement ceux qui avaient été utilisés avant le génocide des Tutsis et des Hutus modérés au Rwanda ». Le Burundi était déjà, selon lui, « au bord d’une descente aux abîmes qui pourrait donner lieu à des crimes de masse ». https://www.un.org/press/fr/2015/cs12112.doc.htm

[14Pierre Brana est co-rapporteur, avec Bernard Cazeneuve, de la Mission d’information parlementaire française chargée d’examiner le rôle de la France au Rwanda, en 1998.

[15Opération Chimère en février-mars 1993. Le général Didier Tauzin, qui en pris le commandement, explique dans son livre Je demande justice pour la France et ses soldats avoir pris, de facto, la tête de l’état-major rwandais.

[16Comme le rappelle Georges Martres, ambassadeur de France à Kigali de 1989 à 1993.

[17« La France aurait sous-estimé l’implication des autorités rwandaises dans les massacres », selon le général Lafourcade.

[18M. Dieng, conseiller spécial du Secrétaire général de l’ONU pour la prévention du génocide.

[19Le général Evariste Ndayishimiye a été désigné candidat du parti au pouvoir, le CNDD-FDD, le 26 janvier 2020. « C’est le même système qui continue, il n’y aura pas de changement de régime au Burundi, il y a juste un changement de personnes » note Thierry Vircoulon, coordinateur de l’Observatoire pour l’Afrique centrale et australe de l’Institut français des relations internationales (IFR) dans Le Monde (Au Burundi, le régime organise l’alternance au sommet de l’État, Le Monde, 30/01/2020).

Mis en ligne par L’Agence d’information
 5/03/2020
 http://lagencedinformation.com/126-burundi-ils-savent.html
Sauf mention contraire, droits de reproduction et diffusion autorisés selon la licence Creative Commons Attribution BY-SA 4.0

Les habits neufs de l’empire
Guerre et désinformation dans l’Est du Congo

Acheter en ligne (Aviso éditions)


 En savoir plus

Voir aussi

Burundi : des sanctions économiques contre Nkurunziza ?

 « À Bujumbura, les assassinats extrajudiciaires, notamment d’opposants politiques, de journalistes et de défenseurs de droits de l’homme, se sont multipliés (...)

« À Bujumbura, les assassinats extrajudiciaires, notamment d’opposants politiques, de journalistes et de défenseurs de droits de l’homme, se sont multipliés depuis le mois d’avril. »

« Ceux qui expriment une opinion divergente continuent à vivre dans la peur des enlèvements et des assassinats et de nombreuses allégations crédibles ont été faites concernant des actes de torture qui auraient été commis »
- M. Zeid Ra’ad Al Hussein, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme [1]

Mis en ligne par L’Agence d’information

 12/12/2015

Alexis Sinduhije, toujours retenu à l’aéroport international de (...)

 Le célèbre opposant au pouvoir Burundais, Alexis Sinduhije, reste retenu depuis mercredi, dans la zone internationale de l’aéroport belge de Zaventem, après un (...)

Le célèbre opposant au pouvoir Burundais, Alexis Sinduhije, reste retenu depuis mercredi, dans la zone internationale de l’aéroport belge de Zaventem, après un vol en provenance de Ndjamena (Tchad), via Nairobi (Kenya).

The famous Burundian opponent, Alexis Sinduhije, is still retained by police, since Wednesday, in the international zone of the Belgian Zaventem Airport, after a flight from Ndjamena (Chad), via Nairobi (Kenya).

Mis en ligne par L’Agence d’information

 3/05/2014

Burundi : Gouverner par la terreur

 Que reste-t-il des accords d’Arusha pour la paix et la réconciliation signé le 28 août 2000 ? Il n’en reste rien ou si peu à l’heure où, isolé au sein même de (...)

Que reste-t-il des accords d’Arusha pour la paix et la réconciliation signé le 28 août 2000 ? Il n’en reste rien ou si peu à l’heure où, isolé au sein même de son parti, le président burundais Pierre Nkurunziza s’applique à sauver son pouvoir par la terreur et le quadrillage du territoire par les milices imbonerakure et les services de renseignement. À l’heure où la France reste l’un des derniers soutiens du régime inique et où l’argent des « missions de paix » des Nations-Unies et de l’OUA rétribue les pires criminels du régime burundais, L’Agence d’information fait le point de la situation avec l’un des meilleurs analystes de l’histoire contemporaine du Burundi.

Mis en ligne par L’Agence d’information

 4/02/2016

Mots-clés