17/03/2017

Deux experts de l’Onu et les quatre Congolais qui les accompagnaient ont été retrouvés morts depuis quatre jours. Mais le gouvernement et la MONUSCO cachent soigneusement la nouvelle.

17 / 03 / 2017

« La Monusco continue activement ses recherches dans le Kasaï central pour retrouver les deux membres du groupe d’experts des Nations unies portés disparus ainsi que leur quatre accompagnateurs congolais ». Le texte du communiqué de presse de la mission onusienne en RDC du 16 mars confirme les propos lâchés la veille par son patron Maman Sidikou, pendant une conférence de presse : « On est toujours sans nouvelles des deux experts disparus depuis dimanche 12 mars… ».
Or, on s’interroge sur les raisons pour lesquelles M Sidikou ne dit pas ce que l’on sait depuis quatre jours dans les milieux diplomatiques au Congo, à savoir que les deux experts, un américain et une suédoise, plus trois motards et un traducteur congolais, ont été assassinés le jour même de leur rapt sur l’axe routier Kananga-Tshimpulu, au KasaÏ. Le gouvernement de Kinshasa avait informé en premier les médias de cet enlèvement.

Ensuite le 13 mars, le JMAC (service de renseignements de la Monusco), a officieusement fait circuler la nouvelle de la tuerie auprès des chancelleries et des hautes instances de la communauté internationale en RDC. Selon notre correspondant sur place, les forces de police de la Monusco auraient été prévenues par leurs homologues congolais. Ces derniers auraient retrouvé les corps horriblement mutilés des six personnes quelques heures après leur enlèvement.
Le 20 février, le gouvernement congolais avait opposé un refus à la mission de ces experts onusiens, que le Haut commissariat aux Droit de l’homme de Genève envisageait d’envoyer au Kasaï pour enquêter sur trois fosses communes où sont enterrées les victimes présumées des forces de sécurité, apparemment des membres du mouvement Kamuina Nsapu en rébellion contre Kinshasa depuis août 2016.
« Le gouvernement ne les voulait pas… et les experts disparurent » est le commentaire qui circule largement sur la toile… Entre temps, du côté des Nations unies et du gouvernement, la décision n’a pas été prise d’informer l’opinion que les disparus ne sont plus en vie. L’embarras est perceptible surtout au sein de la Monusco : « Ses officiels sont très gênés et se murent dans un silence de plomb, nous rapporte une source à Kinshasa. Les experts ont été directement envoyés par New York sans passer par la Monusco et il y a des indices qu’on soit face à un nouveau crime du régime. Dans ce cas, ils sont coincés en tant qu’alliés et soutien indéfectible de ce même régime ».

L’Agence d’information

Mis en ligne par L’Agence d’information
 17/03/2017
 http://lagencedinformation.com/108-rdc-nouveau-crime-d-etat.html
Sauf mention contraire, droits de reproduction et diffusion autorisés selon la licence Creative Commons Attribution BY-SA 4.0

Les habits neufs de l’empire
Guerre et désinformation dans l’Est du Congo

Acheter en ligne (Aviso éditions)


 En savoir plus

Voir aussi

Le tournant de Kingakati

 Lundi 25 août, la réunion de la majorité présidentielle (MP), dans la ferme du chef de l’Etat de la République démocratique du Congo, a établi la démarche pour le (...)

Lundi 25 août, la réunion de la majorité présidentielle (MP), dans la ferme du chef de l’Etat de la République démocratique du Congo, a établi la démarche pour le maintien au pouvoir de ce dernier, avant l’échéance de son deuxième et dernier mandat en 2016. Il n’est plus question d’un simple maquillage de la Constitution, mais d’un projet véritable de rédaction d’un nouveau texte fondamental qui devra être approuvé par voie référendaire.

Monday, August 25, the meeting of the Presidential Majority (MP), on the farm of the Head of State of the Democratic Republic of Congo, establishing the process to maintain the power of the latter, before the end of his second and final term in 2016 is no longer a question of a simple makeup of the Constitution, but a real project on drafting a new basic text to be approved by referendum.

Mis en ligne par L’Agence d’information

 29/08/2014

Le M23 refuse de se rendre à Kinshasa

 En imposant la capitale de la RDC comme siège pour la discussion sur la mise en œuvre des Déclarations de Nairobi, le gouvernement joue la carte de la (...)

En imposant la capitale de la RDC comme siège pour la discussion sur la mise en œuvre des Déclarations de Nairobi, le gouvernement joue la carte de la surenchère contre l’ancienne rébellion. Pour provoquer à long terme une nouvelle guerre et faire oublier aux Congolais qu’ils risquent de se retrouver avec un président à vie ?

By imposing the capital of the DRC as the seat for the discussion on the implementation of the Nairobi Declaration, the government plays the card of one-upmanship against the former rebellion. To cause eventually a new war and forget the Congolese they may end up with a President for Life ?

Mis en ligne par L’Agence d’information

 9/11/2014

Entretien avec Monseigneur Ngabu - « Vous voulez parler de la paix ? Quelle (...)

 Monseigneur Ngabu nous a quittés ce 26 octobre 2025 à Goma. Durant trente-six ans, de 1974 à 2010, Faustin Ngabu a dirigé le diocèse catholique de Goma, dans le (...)

Monseigneur Ngabu nous a quittés ce 26 octobre 2025 à Goma. Durant trente-six ans, de 1974 à 2010, Faustin Ngabu a dirigé le diocèse catholique de Goma, dans le Nord Kivu. Son mandat épiscopal fut marqué par les conflits armés et les guerres qui ont déchiré l’est de la République démocratique du Congo. Avec pour devise « que tous soient un », l’évêque s’est engagé avec constance en faveur de l’unité des Congolais et pour la paix.

Nous avons rencontré Faustin Ngabu à deux reprises à Goma, en février et septembre 2025. Nous avons tiré trois articles de ces deux rencontres. Dans un premier article, publié sur African Facts, l’évêque émérite rappelait qu’il n’y avait pas de communauté moins congolaise que les autres.
Dans le second article que nous avons publié, il revenait sur les revendications des rebelles et le tribalisme qui, selon lui, s’avère être la principale source des récents conflits qui endeuillent la région.
Dans ce troisième article, Monseigneur Ngabu revient sur la situation en Ituri, sur les initiatives et le rôle des églises au Congo et sur les raisons qui, dans la région, empêchent la paix. Puisse celui qui s’était tant engagé à la faire advenir y reposer.

Nous tenons à saluer la mémoire de Monseigneur Ngabu qui, malgré la fatigue et la maladie, avait pris le temps de nous accorder ces deux longs entretiens et à nous livrer son témoignage et son analyse.

Mis en ligne par L’Agence d’information

 27/10/2025