Le M23 dénonce la partialité du porte-parole de la Monusco

1er/07/2013
1er/07/2013

M. Bertrand Bisimwa, président du M23, accuse le responsable de la communication de la Monusco, le colonel Félix Basse, de pousser au conflit et de "faire l’apologie de la guerre".

Mr Bertrand Bisimwa, president of the M23, accuses the spokesperson of Monusco, colonel Félix Basse, to push to conflict and "promote war".

Dans un communiqué en date du 28 juin 2013, le M23, mouvement politico-militaire opposé au gouvernement de Kinshasa, dénonce "l’acharnement" dont il fait l’objet de la part du porte-parole de la Monusco, le colonel sénégalais Félix Basse.

Rappelons que la Monusco est une armée de plus de vingt mille hommes que la communauté internationale a mobilisés en République du Congo, parmi lesquels trois mille hommes d’une brigade "offensive", composée d’artillerie, de forces spéciales et d’infanterie appuyée par des hélicoptères d’attaque et des drones de surveillance. Celle-ci, prévue pour entrer en action début juillet, se déploie progressivement sur le terrain depuis plusieurs semaines.

Depuis le début de cette mobilisation sans précédent d’une force militaire onusienne offensive, le M23 est désigné comme principale cible, en tant que "force négative", selon la rhétorique onusienne, accusée de tous les crimes réels ou imaginaires qui peuvent se produire dans l’est du pays.

Le colonel Félix Basse – dont il faut souligner qu’il est assisté efficacement par le commandant français Vincent Tourny, porte parole "militaire" de la Monusco –, répercute en effet quotidiennement les accusations les plus alarmistes contre le M23, et ce "dans l’unique but d’encourager la guerre comme solution à la crise qui nous oppose au Gouvernement de Kinshasa", déclare le Président du M23, M. Bertrand Bisimwa.

"Ce fonctionnaire de la Monusco s’exerce à faire exister virtuellement des faits sensationnels dont il a, seul, connaissance, pour autant qu’ils discréditent le Mouvement du 23 Mars", ajoute le représentant politique de ce mouvement. "Aucune allégation grave n’est épargnée par lui, des arrestations arbitraires aux meurtres en passant par des enlèvements des civils, des recrutements forcés et même des intentions de recrutement d’enfants-soldats."

"Cette attitude curieuse et étrange d’un fonctionnaire des Nations-Unies à vouloir, à tout prix, forcer la main aux parties en conflit pour reprendre les hostilités en lieu et place du dialogue devrait attirer l’attention de sa hiérarchie", suggère M. Bertrand Bisimwa.

A titre d’illustration, il demande ce "que sont devenus les 53 enfants dont [le colonel Félix Basse] a parlé les semaines antérieures et qui, selon lui, étaient menacés de recrutement par notre armée ?" Face a cette accusation extrêmement circonstanciée du porte-parole de la Monusco qui déclarait avoir des informations précises y compris sur la localisation de ces enfants "menacés" d’enrôlement, le M23 avait rappelé, dans un précédent communiqué, que le territoire qu’il contrôle est entièrement ouvert aux inspections onusiennes, et qu’il souhaitait prêter son concours à de telles recherches d’enfants "menacés" s’il y avait lieu.

Le Président du M23 s’inquiète aussi de ce qu’un fonctionnaire international soucieux du respect des droits de l’homme n’ait rien trouvé à dire par contre "des actes d’arrestations arbitraires, d’enlèvements, de disparition et de meurtre des personnes civiles par les services secrets [congolais] dans les villes de Goma et de Bukavu".

Pour conclure, le M23 invite "le Conseil de Sécurité des Nations-Unies, l’Union Africaine et la Conférence Internationale sur la Région des Grands-Lacs à diligenter une mission d’enquête indépendante pour vérifier les allégations de ce fonctionnaire", et dénonce le fait que celui-ci "profite de sa position au sein de la Monusco pour faire l’apologie de la guerre".

Le commandant Vincent Tourny, officier français qui co-dirige la communication de la Monusco avec le colonel Félix Basse, n’est pas mentionné dans ce communiqué du M23.

[Source : l’Agence d’information]

Mis en ligne par L’Agence d’information
 1er/07/2013
 http://lagencedinformation.com/014-le-m23-denonce-la-partialite-du.html
Sauf mention contraire, droits de reproduction et diffusion autorisés selon la licence Creative Commons Attribution BY-SA 4.0

Les habits neufs de l’empire
Guerre et désinformation dans l’Est du Congo

Acheter en ligne (Aviso éditions)


 En savoir plus

Voir aussi

Les combats prennent de l’ampleur au Kivu

 L’aviation de la Monusco intervient en renfort de la coalition FARDC/FDLR. Kigali proteste et menace de détailler les liaisons entre officiers onusiens et (...)

L’aviation de la Monusco intervient en renfort de la coalition FARDC/FDLR. Kigali proteste et menace de détailler les liaisons entre officiers onusiens et FDLR. Pendant ce temps, le M23 tient ses positions et fait même une percée en direction de Goma.

The Monusco aviation supports the coalition of FARDC/FDLR. Kigali protests and threatens to give details about the links between UN officers ans FDLR. In the meantime, the M23 holds its positions and even makes progress in direction of Goma.

Mis en ligne par L’Agence d’information

 16/07/2013

Le M23 refuse de se rendre à Kinshasa

 En imposant la capitale de la RDC comme siège pour la discussion sur la mise en œuvre des Déclarations de Nairobi, le gouvernement joue la carte de la (...)

En imposant la capitale de la RDC comme siège pour la discussion sur la mise en œuvre des Déclarations de Nairobi, le gouvernement joue la carte de la surenchère contre l’ancienne rébellion. Pour provoquer à long terme une nouvelle guerre et faire oublier aux Congolais qu’ils risquent de se retrouver avec un président à vie ?

By imposing the capital of the DRC as the seat for the discussion on the implementation of the Nairobi Declaration, the government plays the card of one-upmanship against the former rebellion. To cause eventually a new war and forget the Congolese they may end up with a President for Life ?

Mis en ligne par L’Agence d’information

 9/11/2014

Rafles à Goma et Bukavu : confirmation

 Il se confirme que depuis mardi une vague d’arrestation de grande ampleur est en train de se produire à Goma et Bukavu, à l’est de la RDC. Cette catastrophe (...)

Il se confirme que depuis mardi une vague d’arrestation de grande ampleur est en train de se produire à Goma et Bukavu, à l’est de la RDC. Cette catastrophe prend place en dépit de l’importante présence à Goma de casques bleus et de la brigade spéciale offensive sous commandement tanzanien décidée par le Conseil de sécurité en mars.

It is confirmed that, since tuesday 11 of june, an important wave of arrest in unfolding among the Tutsi population of Goma and Bukavu, in eastern Congo. This humanitarian catastrophy is happening despite the heavy presence of UN peacekeeping forces, and of the special offensive brigade under tanzanian command decided by security council in march.

Mis en ligne par L’Agence d’information

 13/06/2013